Film analysis

La marginalisation des personnes avec l'addiction aux opioïdes

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2021.03188
Publication Date: 21.04.2021
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2021;172:w03188

Catharina Lammer, Arec Manoukian, Shabnam Solh Dost, Louise Penzenstadler, Gerard Calzada

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Gridlock’d (1997)

Script et réalisation: Vondie Curtis-Hall

Trame

Ezekiel Whitmore et Alexander Rawland, respectivement connus sous le nom de «Spoon» et «Stretch», sont deux musiciens dépendants à l'héroïne. Le soir du réveillon de Nouvel An, ils rentrent chez eux accompagnés de leur amie Barbara Cook surnommée «Cookie». C’est à ce moment qu’elle décide de prendre de l’héroïne avec nos deux personnages principaux et qu’elle est alors victime d’une overdose. C’est sous l’emprise de l’héroïne et paniqués que Spoon et Stretch l'emmènent aux urgences où elle sera prise en charge dans un état critique. Cet événement fut l’élément déclencheur chez Spoon, suivi de Stretch, pour arrêter la drogue qui sera leur résolution pour la nouvelle année et ils décident de s’inscrire dans un centre de désintoxication. Cependant, les choses se compliquent quand Stretch escroque et insulte un trafiquant dangereux nommé «D-Reper» qui les pourchassera durant tout le film. Les événements s’empirent encore pour nos deux protagonistes qui sont accusés à tort d’un double meurtre, à la suite de quoi, la police va également se mettre à leurs trousses. Parallèlement à cette situation, Spoon et Stretch tentent malgré tout d’intégrer un centre de traitement pour leur problème d’addiction, mais sont inlassablement confrontés à une administration quasi kafkaïenne et peu compréhensive face à leur détresse. Après de nombreux efforts infructueux pour arrêter la drogue et afin de pouvoir échapper à la police et au dealer, ils décident de se faire hospitaliser en urgence dans un hôpital pour ne pas risquer d'être repérés dans la rue. Stretch a été blessé par une balle lors d'une course poursuite avec le dealer, il a donc la bonne idée de poignarder Spoon pour que lui aussi soit accepté à l’hôpital. Pendant tout ce temps, leur amie Cookie est toujours à l'hôpital dans un état de coma, entre la vie et la mort.

Context historico-culturel du film et de la psychiatrie

Gridlock’d est un film du genre comédie dramatique réalisé par Vondie Curtis-Hall en 1997, se déroulant à Detroit où ce dernier a grandi étant adolescent. À cette époque, les États-Unis tentent déjà depuis 1970 de lutter contre la consommation de stupéfiants, par différentes stratégies, basées sur l’abstinence, mais c’est à partir des années 1990 qu’il y a une expansion des ordonnances d’antidouleurs contenant des dérivés d’opioïdes devenant une réelle épidémie. Pourtant, d’un point de vue socio-économique, le film dénonce la marginalisation des personnes avec un trouble d'utilisation des substances, des personnes sans-abris et défavorisées, ainsi que le labyrinthe administratif qu’est le système de santé, incluant l’assurance maladie de base, aux USA. Ce film critique principalement les obstacles qu’une personne avec une addiction à la drogue doit franchir pour atteindre un programme de désintoxication ainsi que la mauvaise prise en charge des malades ou blessés dans les hôpitaux. Des problèmes dont le réalisateur Vondie Curtis-Hall, jouant D-Reper dans son propre film, s’inspire grandement de sa vie, car il aurait vécu la même situation étant plus jeune. Quant aux deux vedettes, Tim Roth et Tupac Shakur forment un duo atypique pour l’époque du fait qu’il s’agisse d’un couple mixte, dans une Amérique encore quelque peu raciste. Dans le rôle d’un arnaqueur à qui il faut rappeler quelques fois qu’il n’est pas noir, Roth d’origine britannique incarne avec brio ce rôle d’américain malpropre. À ses côtés, Tupac, incarne dans ce film un personnage sensible qui essaie à tout prix de s’écarter de la vie de voyou afin d’avoir un meilleur avenir. Entre la réalité et le film, les rôles semblent s’être inversé entre les deux protagonistes ce qui amène une belle pointe d’humour.

La Psychopathologie

Vondie Curtis-Hall met en scène deux protagonistes qui souffrent d’une addiction aux opioïdes et qui présentent certains critères diagnostiques du DSM- 5.

Le film montre l’augmentation des quantités d’opioïdes consommés et de la fréquence de ses consommations quand Spoon avoue à son ami que la vie qu’il mène n’est certainement pas celle que sa famille aurait voulue pour lui et affirme que même si sa consommation était festive et occasionnelle au début, elle est devenue régulière avec le temps.

La difficulté à contrôler l’utilisation d’opioïdes est illustrée par le souhait d’arrêter et par les différentes rechutes comme, par exemple, après la première fusillade contre D-Reper ou quand ils constatent le décès de Mud qui gisait encore au sol.

L'organisation de leur temps autour de l’obtention et de l’utilisation des opioïdes au détriment d’autres activités est exposée par leur mode de fonctionnement pour obtenir de l’argent qui leur permet d’acheter le produit. À cet effet, le duo élabore une arnaque quelque peu discutable, mais toutefois fonctionnelle, qui consiste à vendre des caméras, mais en les remplaçant par une brique, dans le carton original. Leurs décisions et leurs principaux centres d’intérêt ne tournent qu’autour de la drogue, car ils ne semblent avoir ni de hobbies ou d’autres activités en dehors de cela. Leur entourage est composé par des personnes ayant un lien de près ou de loin avec la drogue.

L’envie irrépressible de consommer, ou craving, est observable à la suite de l’assassinat de Mud. Spoon et Stretch quittent l’appartement de Mud avec un sachet d’héroïne volé et se font fouiller par la police. C’est avec beaucoup de chance qu’ils réussissent à ne pas se faire prendre. Cependant, même après cette interaction périlleuse avec la police, Stretch garde la drogue sur lui, et ose même la consommer dans des toilettes publiques d’un centre d’aide sans penser au risque sanitaire que cela pourrait engendrer ou même la peine qu’il risque en se faisant prendre dans un lieu public avec une telle quantité de drogue. L’envie irrépressible de consommer l’empêche de considérer les risques et démontre la négligence quant à la prise de ses décisions.

L’incapacité de remplir des obligations majeures est illustrée par le fait que Spoon et Stretch ne possèdent pas de travail (à part les concerts de Jazz) et n’arrivent pas à garantir le paiement du loyer qui serait assumé par Cookie.

Les problèmes interpersonnels et sociaux sont présents tout au long du film. Le film montre l’interaction de Stretch avec D-Reper, à la suite de quoi nos protagonistes sont constamment poursuivies par ce dernier qui cherche à se venger. S’ajoute à cela la police qui se met également à leur poursuite, à la suite d’une fausse accusation. Finalement, Spoon et Stretch n’ont que très peu de moments de répit durant le film, mais ils trouvent néanmoins toujours un moment pour consommer de l’héroïne.

La tolérance n’est pas explicitement illustrée, mais on observe la dissociation hédonique typique des addictions quand Spoon révèle: «ce n’est plus marrant comme avant». Il semblerait que les consommations d’héroïne n’apportent plus le plaisir attendu.

Le sevrage est plus subtil à observer dans le film, mais il est pourtant présent. Le duo ne consomme plus par plaisir, mais par nécessité, pour éviter le syndrome de manque. Ils ressentent un besoin désespéré de trouver un centre de désintoxication pour les aider à prévenir ces symptômes de sevrage.

Enfin, le film représente de manière plutôt détaillée la psychopathologie de l’addiction aux opioïdes. Il montre presque la totalité des critères du DSM-5 grâce aux situations représentées, aux dires des protagonistes et de leurs actions. Il est donc possible de conclure que nos protagonistes présentent une addiction sévère aux opioïdes.

Les représentations sociales

La maladie et les patients psychiatriques

Dans un premier temps, il est essentiel de noter que le duo formé par Tupac Shakur et Tim Roth est extrêmement porté sur les clichés et sur les stéréotypes de personnes concernées par l’addiction aux opioïdes. Ce couple hors norme est constitué de deux trentenaires, un Afro-Américain et un Caucasien qui sont issus d’un milieu socioéconomique défavorisé et habitent dans les bas-quartiers de Détroit. Leur appartement n’est pas soigné, en mauvais état, peu meublé, sordide et très en désordre, un peu comme à leur propre image.

Ils n’ont pas réellement de métier, mais forment un groupe de musique avec Cookie comme chanteuse et jouent certains soirs dans des bars. Même si Spoon et Stretch sont très solidaires entre eux, ils se comportent de manière absolument irrespectueuse envers les autres personnes. La scène qui démontre bien cet aspect est celle avec un sans-abri qui leur demande à manger à qu’ils rétorquent qu’il ferait mieux de se trouver un travail, ce qui est ironique si l’on prend en compte leur situation, car la seule différence avec lui étant qu’ils habitent - pour le moment - encore dans un appartement.

De plus, ils fument tout le temps et partout (fig. 1), même dans des espaces publics fermés et répondent de manière insolente lorsqu’on leur demande d’arrêter de fumer, comme dans cette scène où ils sont dans un établissement pour acquérir une assurance maladie de base et qu’ils fument en dessous d’un panneau d’interdiction à la fumée, en attendant leur tour. Lorsque le personnel de la sécurité leur demande d’arrêter, Stretch donne la cigarette à Spoon et après avoir tiré sur la cigarette l’écrase au sol. Ces aspects stigmatisent et renforcent les stéréotypes de base que la société a concernant les personnes atteintes d’une addiction, c’est-à-dire des gens sales, sans éducation, repoussants et impertinents. Au premier abord, lorsque la dépendance à la drogue est traitée dans un long métrage, les spectateurs pourraient croire qu’il s’agit d’un film triste et déprimant. Néanmoins, ce film a un bel équilibre entre la comédie et le drame, rendant difficile la position à prendre et le sentiment que l’on peut éprouver envers Spoon et Stretch. D’un côté, de la peine est ressentie pour ces personnes prises au piège dans un système mal-adapté, d’ailleurs le titre du film “Gridlock’d” fait référence aux embouteillages de voitures, de telle manière qu’aucun mouvement ne peut être fait, relayant à la réalité qu’aucun progrès n’est possible. D’un autre côté, la manière dont ils se comportent vis-à-vis des fonctionnaires des différents services, c’est-à-dire de manière insolente et exigeante, ordonnant presque à ces individus de les aider, ne donne pas envie au public d’éprouver de l’empathie pour le duo. Une scène l'illustrant bien est celle dans les bureaux où ils cherchent à intégrer le programme de désintoxication. Le couple ordonne à l’employé de leur fournir les documents nécessaires et ce dernier, excédé par leur comportement, leur rétorque que ce n’est pas parce qu’ils ont décidé d’arrêter l’héroïne sur un coup de tête alors qu’ils se droguent depuis de nombreuses années que tout le monde va se plier à leur exigence.

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Figure 1

Capture d’écran de la bande-annonce officielle du film.

Tout au long du film, il semble être peine perdue de vouloir aider quelqu’un qui souffre d’addiction aux opioïdes à s’en sortir, car il ne fera que rechuter dans la drogue. Cela étant appuyé par le fait que Spoon et Stretch se retrouvent à plusieurs reprises à consommer de la drogue alors qu’ils avaient pris la décision d’y mettre un terme. De plus, il semblerait que même si une personne est acceptée dans un programme de réhabilitation, elle peut malgré tout replonger facilement, comme l'illustre la scène dans laquelle les protagonistes entendent une femme se plaignant à l'accueil du centre de désintoxication qu’elle doit être prise en charge même si elle a déjà suivi trois fois un de ces programmes. Avec Gridlock’d, les personnes prenant des stupéfiants sont représentées comme un fardeau pour la société, piégées dans un système qui ne leur permet pas d’avancer ou de guérir. Pour faire un parallèle avec un autre film, traitant également de l’addiction, «Le loup de Wall Street», montre un personnage principal totalement opposé qui s’avère être un génie dans le monde de l’économie. En comparaison, il semble clair qu’il est plus accepté par la société d’avoir un homme d’affaires riche et à succès consommant de la drogue dans un bureau que deux individus avec une addiction à l’héroïne dans un appartement miteux. Pour finir, les personnages principaux des deux films ont la même addiction aux substances psychotropes, mais il appert que l'élément faisant la différence est la situation socioéconomique. Dans une des situations, le protagoniste rapporte beaucoup d’argent alors qu’au contraire dans l’autre c’est même plutôt l’inverse qui se produit.

Les soignants

Les soignants sont peu représentés dans ce film, mais il est tout de même possible de les observer dans diverses scènes ; la première se déroule à la suite de l’overdose de Cookie, lorsque Spoon appelle l’ambulance. Afin que cette dernière réagisse plus vite à l’urgence, il leur dit, sur un ton affolé, qu’une femme blanche a pris une balle. Mais personne ne viendra et Cookie est amenée à l’hôpital à pied par Spoon et Stretch. La deuxième scène se déroule dans l’hôpital, la dame de l'accueil ne se soucie alors pas du tout de l’état de Cookie et est plus préoccupée à savoir si elle pourra payer la consultation et si elle possède une assurance sociale. Par la suite, un médecin fait son entrée et, voyant l’état critique de Cookie, la prend directement en charge. La troisième est à la fin du film, lorsque Spoon et Stretch se rendent aux urgences pour se faire soigner afin d’échapper aux autorités, se retrouvant alors en sang aux urgences, personne ne les prend en charge jusqu’à ce qu’ils s’écroulent par terre et que deux urgentistes leur viennent en aide. Mais reconnus par la dame de l'accueil, ils sont envoyés en salle d’attente. Le film montre le personnel soignant comme étant compatissant et serviable envers les patients, en revanche, ceci n’est pas le cas pour le personnel qui s’occupe de la partie administrative, renforçant la stigmatisation du labyrinthe bureaucratique. La scène la plus marquante est celle du médecin prenant Cookie en charge qui est alors dans le coma, il donne la permission à Spoon et Stretch de lui rendre visite dans sa chambre malgré le fait qu’elle ne devrait pas recevoir de visite en vue de son état critique.

Le système de soin

En plus d’illustrer tous les obstacles que doivent franchir les personnes concernées par cette addiction, Gridlock’d critique la prise en charge déplorable de ces personnes par le système de soin américain à cette époque, ne semblant pas s’être amélioré depuis, comme peut le confirmer la crise des opioïdes dans laquelle se trouve actuellement les États-Unis. Très rapidement dans le film, Spoon et Stretch décident d’arrêter la drogue et veulent intégrer un centre de désintoxication. Cependant, à chaque tentative, ils sont bloqués devant un mur d’administration infranchissable. Un autre exemple du système défaillant est à l’entrée du centre d’aide sociale qui est munie de portique détectant le métal ainsi que la présence d’un vigile qui procède à une fouille corporelle. Malgré cela, Stretch arrive tout de même à entrer dans le bâtiment avec sa trousse contenant son matériel d’injection ainsi qu’une grande quantité d’héroïne. Perdus dans une surcharge de paperasse et de critères à remplir pour intégrer le centre, ils découvrent que le temps d’attente est au moins de six semaines, ce qui n’est pas envisageable pour eux, car ils veulent arrêter tout de suite à cause du traumatisme qu’a été l’overdose de Cookie et ils savent que replonger dans leur habitude ne leur fera prendre que de mauvaises décisions. Ils tentent alors de trouver des solutions et des astuces pour essayer d’être acceptés le plus rapidement dans un programme de désintoxication. Une vraie barrière administrative à l’accès aux soins en Amérique est présente, cela étant déplorable, car un accès aux soins et une assistance médicale sont un droit fondamental universel comme le stipulent les Droits de l’homme. De plus, le film marque les conditions désastreuses dans lesquelles se trouvent les divers établissements sanitaires. Dans les hôpitaux, les infrastructures sont dans un état délétère et manquent cruellement de personnel. Les patients sont dans des états critiques et se voient attendre des heures dans la salle d’attente déjà surchargée. Les réceptionnistes s’intéressent peu aux patients et demandent d’abord un numéro de police d’assurance avant même de se préoccuper de leurs états. Ces propos sont notamment remarquables à la fin du film lorsque Spoon et Stretch attendent dans la salle d’attente de l’hôpital à côté d’autres personnes qui semblent être tous dans un état critique, mais dont personne ne se soucie. Une scène importante du film et révélatrice de la négligence du système américain face aux personnes défavorisées est celle dans le centre d’aide sociale, dans lequel Stretch consomme de la drogue dans les toilettes. Juste avant cela, un vétéran de guerre aveugle, excédé par l’attente interminable que lui inflige l’établissement, décide de lâcher son chien ce qui provoque une panique générale. Ceci renforce l’image d’un système de soin et administratif mal organisée ainsi que le ras-le-bol général ressenti par les citoyens. Ce sont les personnes les plus marginalisées, que ce soit des personnes avec un trouble d'utilisation des substances ou des anciens combattants de guerre, qui sont les plus dépendantes de ce système et qui subissent le plus des conséquences de son dysfonctionnement.

Conclusion

Le film met peu en avant les principaux critères de la dépendance aux opioïdes selon le DSM-V. Cependant, elle se fait ressentir tout au long du film pour garder une certaine crédibilité. Ce film dénonce plutôt les labyrinthes bureaucratiques et l’inefficacité du service de soins pour les plus démunis. On pourrait penser que regarder un film sur des personnes avec une addiction à l’héroïne serait déprimant, mais en réalité, les personnages sont attachants et pleins d’humour malgré les péripéties tumultueuses qu’ils rencontrent. La touche hollywoodienne est garantie avec ce long-métrage par la présence d’un meurtre et celle de trafiquants de drogues mafieux. Toutefois, ces éléments faisaient probablement partie intégrante de la vie du jeune rappeur Tupac qui fût assassiné quatre mois avant la sortie du film.

Correspondence

Dr. méd. Gerard Calzada, HUG – Hôpitaux Universitaires de Genève, Rue, Grand Pré 70C, CH-1202 Genève, Gerard.Calzada[at]hcuge.ch

Références bibliographiques

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