Film analysis

Un film dramatique islandais basé sur un roman qu’était écrit par le frère d’un patient

La schizophrénie dans le film Les anges de l’univers?

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2018.00575
Publication Date: 28.03.2018
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2018;169(03):93

Clement Ghosn, Daniele Zullino, Gerard Calzada

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Ce film raconte l’histoire de Pall, un jeune homme islandais qui va progressivement entrer dans la schizophrénie et qui va être hospitalisé à plusieurs reprises à Kleppur, l’hôpital psychiatrique de Reykjavik. Deux autres patients de l’hôpital vont devenir ses amis: Viktor qui pense être Hitler et Oli qui est persuadé de ­ communiquer par télépathie avec les Beatles.

Le trouble est principalement représenté par les symptômes positifs. Probablement pour des raisons dramaturgiques: Le réalisateur insiste sur les hallucinations qu’il présente dans les différentes modalités possibles.  Les symptômes négatifs par contre sont représentés de manière moins évidente. Une des préoccupations majeures du réalisateur semble être l’illustration d’un trouble chronique récidivant avec des hospitalisations alternant avec des périodes de rémission.

Englar alheimsins (2000)

Written by Einar Már Guðmundsson. Directed by Friðrik Þór ­Friðriksson.

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Le film montre Pall comme un jeune homme très ­sensible aussi bien à niveau de ses relations sociales qu’à niveau de sa sensibilité artistique. Cette image ­humaine et réaliste est sûrement liée au fait qu’il n’est pas uniquement représenté pendant ses phases de ­décompensation. Finalement, ce film tend plutôt vers la ­destigmatisation dans le sens où le spectateur peut ­facilement s’identifier au personnage principal.

La représentation des soignants dans ce film est caractérisée par la présence de deux antagonistes: d’un côté, un psychiatre âgé, bienveillant et compréhensif; et de l’autre côté, un psychiatre bien plus jeune, très strict, parfois irrespectueux et avec qui les relations avec les différents patients sont assez problé­matiques.

La mise en scène, la bande-son, le jeu des différents ­acteurs et l’histoire même sont remarquables. Le côté médical est loin d’être parfait, mais il ne faut pas ­oublier que ce film est basé sur un roman écrit par le frère d’un patient atteint de schizophrénie. Bien que la trame se fasse ressentir un peu longue par ­moment, c’est un film très émouvant et prenant qui mérite d’être vu.

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande ­annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»: www.sanp.ch/online-only-
content.

Credits

Capture d’écran de la bande-annonce officielle du film.

Correspondence

Correspondance:
Dr. med. Gerard Calzada
HUG – Hôpitaux ­Universitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch

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