Film analysis

La symptomatologie du trouble obsessionnel compulsif bien illustrée dans une comédie américaine

Le trouble obsessionnel compulsif dans le film As good as it gets

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2018.00593
Publication Date: 08.08.2018
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2018;169(05):161

Alban Glangetas, Daniele Zullino, Gerard Calzada

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Une représentation partagée entre la volonté de réalisme et la nécessité scénaristique risque de tomber dans la stigmatisation du personnage atteint.

As good as it gets (1997)

Written by Mark Andrus and James L. Brooks.

Directed by James L. Brooks.

Cette comédie dramatico-romantique américaine offre une illustration du quotidien d’un patient atteint de trouble obsessionnel compulsif. Le spectateur suit le protagoniste dans sa vie, ses rituels, ses interactions sociales parfois difficiles, le tout sur le fond d’une ­histoire d’amour naissante entre les deux personnages principaux.

As good as it gets raconte l’histoire d’amour entre ­Melvin Udall, un écrivain extrêmement cynique et ­solitaire souffrant de trouble anxieux, et Carol Connely, la serveuse du restaurant où Melvin se rend de façon routinière. À la suite de l’agression de son ­voisin, les routines de Melvin sont bouleversées. Il doit à présent changer ses habitudes et trouver le moyen d’exister dans un monde qu’il fuyait auparavant.

La symptomatologie du trouble obsessionnel compulsif (TOC) dont souffre Melvin est souvent présentée à l’écran, avec de nombreux passages tout au long du film. Celui-ci est montré exprimant des obsessions ­importantes (pour la propreté, pour l’ordre) et manifestant des compulsions envahissantes (rituel de comptage en allumant la lumière, en fermant un verrou etc.).

Les représentations sociales sont plus sujettes à débat quant à ses aspects stigmatisants. D’un côté, le ­per­sonnage principal présente des comportements odieux, se montrant entre autres misogyne, raciste et homophobe, d’un autre côté il est présenté selon l’un de ­stéréotypes typiques hollywoodiens, comme une sorte de héros cynique, mélangeant habilement l’antipathie et la sensibilité, pour mieux nous paraître ­aidant, drôle et attachant.

Les soignants sont eux quasiment absents du film. Un psychiatre apparaît dans une courte scène, où il est dépeint comme une personne égoïste, désinté­ressée de son métier et de ses patients, sans aucune ­patience ni pédagogie.

En résumé, As good as it gets est un film qui, par sa ­dramaturgie et mise en scène typiquement holly­woodienne, est agréable à voir. Si la présentation de la sémiologie du TOC est assez bien illustrée, le panachage des symptômes/signes du trouble avec des traits asociaux du protagoniste risque de rendre moins claire la présentation du trouble et de participer à la stig­matisation. Au vu des qualités et des inconvénients ­décrits, ce film mériterait un visionnage critique avec un débat bien préparé plutôt qu’une projection publique, ce qui permettrait de nuancer le personnage et d’éviter de tomber dans sa stigmatisation.

fullscreen

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande ­annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»: www.sanp.ch/online-only­content.

Credits

Capture d’écran de la bande-annonce officielle du film.

Correspondence

Correspondance:
Dr. med. Gérard Calzada
HUG – Hôpitaux Universitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch

Verpassen Sie keinen Artikel!

close