Film analysis

La maladie d’Alzheimer dans le film La tête en l’air

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2019.03043
Publication Date: 17.06.2019
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2019;170:w03043

Sonnet Martin, Georges Mario, Penzenstadler Louise, Calzada Gerard

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Un message d’alerte quant à la prise en charge des personnes vieillissantes

La tête en l’air (2012)

Written by Paco Roca, Ignacio Ferreras, Ángel de la Cruz, Rosanna Cecchini. Directed by Ignacio Ferreras

Réalisé par Ignacio Ferreras, le film d’animation «La tête en l’Air» retrace le parcours d’Emilio, une personne âgée qui souffre de la maladie neuro-dégénérative d’Alzheimer et qui découvre la vie en maison de retraite.

Le déclin cognitif progressif que l’on peut observer chez les patients atteints d’Alzheimer est visible tout au long du film. En effet, le début du film montre une scène fictive imaginée par Emilio dans laquelle il travaille toujours à la banque même si en réalité il est au milieu d’une dispute entre son fils et sa femme. Le doute semble alors être semé de manière délibérée: s’agit-il uniquement d’une perte de concentration, d’une imagination débordante, ou d’une manifestation de la dégénérescence d’Emilio? Ce simple exemple met en lumière la mince frontière entre le normal et le pathologique.

Le portrait de la maladie est peu flatteur: les personnes atteintes sont dépendantes, deviennent un poids pour leur famille et présentent des moments de confusion avec quelques moments de lucidité.

Le film dénonce une marginalisation de personnes déjà bien trop isolées, un abandon des patients les plus fragiles et ayant plus que jamais besoin d’attentions particulières.

Le personnel de la maison de retraite se fait plutôt discret, exacerbant la solitude et le manque de prise en considération des personnes âgées.

Plus que la maladie d’Alzheimer à proprement parler, «La tête en l’air» présente une sorte de monde parallèle organisé par cette communauté de personnes perdant peu à peu pied avec la réalité, et contraintes de s’organiser entre elles sans réelle assistance extérieure (figure 1).

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Figure 1
Capture d’écran de la bande-annonce officielle du film.

Un aspect critiquable du film pourrait cependant être le fait que celui-ci s’articule particulièrement sur l’isolement des patients dû à l’abandon par leurs proches une fois le fardeau de la maladie trop lourd à porter.

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»:www.sanp.ch/online-onlycontent.

Correspondence

Dr. méd. Gerard Calzada, HUG – Hôpitaux Universitaires de Genève, Rue, Grand Pré 70C, CH-1202 Genève, Gerard.Calzada[at]hcuge.ch

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