Film analysis

Ce film invite toutes personnes entourant un malade à se préserver et à se faire aider

Le trouble dépressif dans le film The Beaver

Silvia De Cataldo, Zoé Bussi, Gabriel Thorens, Gerard Calzada

DOI: 10.4414/sanp.2017.00488
Publication Date: 29.03.2017
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2017;168(03):80

Ce film est très instructif pour tout public désireux de mieux connaître la symptomatologie du trouble ­dépressif. Il permet également d’appréhender le déni de la maladie parfois présent chez les patients.

Réalisé en 2001 par Jodie Foster, «The Beaver» dépeint un trouble dépressif dans un contexte très actuel. C’est l’histoire de Walter, père de famille et chef ­d’entreprise, atteint d’un trouble dépressif résistant qui fait la ­rencontre d’une marionnette articulée, le castor. Dictateur tyrannique de la psyché de Walter, la marionnette sème la confusion autour de ce dernier; entre les conflits à la maison et le succès inattendu au travail, la maladie est passée sous silence. Mais le trouble psychique refait surface le jour où Walter perd le contrôle, sous l’emprise de la marionnette.

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Tout au long de l’histoire, le spectateur se rend compte des nombreuses difficultés qu’éprouve Walter lorsqu’il s’agit de demander de l’aide, ainsi que des stratégies qu’il met en place pour éviter de se confronter à la ­maladie, le conduisant même à développer des symptômes ­psychotiques sévères. Désemparé face à la situation, l’entourage sent le besoin de se protéger et répond par le conflit, l’éloignement ou – inversement – en tire profit.

Le film est également intéressant pour des professionnels de la santé, car il illustre à travers la maladie de Walter une grande partie des critères du DSM 5 de la ­dépression majeure. La psychopathologie y est donc bien représentée. De plus, il attire l’attention sur les différentes résistances que peut éprouver un malade à demander des soins. Enfin, il met également en scène l’impact de la ­dépression sur l’entourage du patient.

Enfin, le film est aussi source d’inspiration pour toutes personnes qui se verraient confrontées à des situations ­similaires. En effet, il est tout à fait légitime de se sentir désemparé, impuissant ou seul face à quelqu’un ­souffrant d’un trouble dépressif, opposant résistance à tous traitements; c’est pour cela qu’il est important d’encourager le dialogue avec les patients.

Allant dans ce sens, ce film contribue à la déstigmati­sation de la maladie mentale.

1 First authorship: Silvia De Cataldo and Zoé Bussi contributed equally to this work.

Silvia De Cataldo1, Zoé Bussi1, Gabriel Thorens, Gerard Calzada

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Correspondance:
Dr Gérard Calzada
HUG – Hôpitaux Univer­sitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch