Film analysis

L’impuissance face à la perte d’autonomie et le déclin cognitif

L’Alzheimer familial précoce 
dans le film Still Alice

Lana Kapanci, Laura Franscini, Lucile Fracheboud, Louise Penzenstadler, Emiliano Albanese, Ariella Machado, Gerard Calzada

DOI : https://doi.org/10.4414/sanp.2017.00522
Publication Date : 12.12.2017
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2017;168(08):245

Brillante professeure de linguistique à l’Université de Colombia, entourée de son mari et ses enfants, tout semble sourire à Alice Howland. La situation change quand elle oublie des mots et perd l’orientation spatiale.

Still Alice (2014, USA) est un film dramatique réalisé par Wash Westmoreland et Richard Glatzer. Il s’agit d’une adaptation du roman best-seller de la neuro­scientifique Lisa Genova, professeure en neurosciences. Il met en scène l’évolution et la dégradation de l’état d’Alice, ­atteinte d’Alzheimer familial précoce, une forme rare et héréditaire. Couronnée de succès et au cœur de sa ­famille, tout semble être parfait. La situation change le jour où elle commence à oublier des mots lors d’une conférence qu’elle donne. Par la suite, étant également confrontée à une diminution de son orientation ­spatiale, elle décide de consulter un neurologue, qui posera le diagnostic d’un début d’Alzheimer familial.

Still Alice (2014)

Based on a novel by Lisa Genova. Written and directed 
by Richard Glatzer, Wash Westmoreland

Ce film, qui nous plonge dans le drame d’une famille, soulève alors la question de continuer à vivre malgré le déclin cognitif, la perte d’identité et d’autonomie, mais aussi le message d’espoir que l’on peut en tirer.

Still Alice illustre d’une manière imagée l’impuissance que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ressentent face à leur perte d’autonomie et leur déclin cognitif, en mettant en avant notamment les oublis de mots de vocabulaire, de souvenirs immédiats, et la perte de repères, tant au niveau temporel que spatial.

Le film montre également la souffrance que vivent les proches d’une personne atteinte d’Alzheimer en voyant un être cher perdre peu à peu sa personnalité, ses souvenirs, et qui n’arrive au final plus à les ­reconnaître ni à parler de manière cohérente.

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La maladie d’Alzheimer est représentée de manière ­réaliste dans le film. D’une part, le réalisateur met en priorité la manière dont Alice ressent sa maladie avant même d’envisager l’expérience vécue par ses proches; d’autre part, les scènes montrant le déclin des capacités cognitives témoignent fidèlement du caractère graduel de cette maladie. L’inconstance du handicap résultant du trouble, tantôt présent, tantôt absent est également mise en évidence.

Une attention particulière est donnée au neurologue d’Alice qui joue le rôle d’accompagnateur tout au long de sa maladie. Son rôle central s’étend de l’annonce de la maladie d’Alzheimer à sa prise en charge. En dehors des consultations d’Alice et son neurologue, le système de santé est peu représenté. La prise en charge de la maladie incombe donc en priorité à Alice ainsi qu’à sa famille.

La critique que l’on peut émettre à propos de ce film est la progression trop rapide de la dégradation de l’état d’Alice ainsi que l’absence des symptômes typiques de la maladie tels que l’errance, l’apathie, l’agressivité, la dépression et les troubles du sommeil. Malgré ces points qui pourraient être améliorés, Still Alice est un film émouvant et peut servir de support d’enseignement, car il parvient avec succès à faire ressentir aux spectateurs l’impact qu’a la maladie d’Alzheimer sur la vie d’une famille et la détresse et la confusion qu’elle cause, sans tomber dans l’exagération.

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande ­annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»: www.sanp.ch/online-only-
content.

Lana Kapanci, Laura Franscini, Lucile Fracheboud, Louise Penzenstadler, Emiliano Albanese, 
Ariella Machado, Gerard Calzada

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Photo de la bande annonce du film.

Correspondance:
Dr. med. Gérard Calzada
HUG – Hôpitaux
Universitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch