Editorial

A travers le large spectre de la psychiatrie contemporaine.

Psychiatrie: pour une ­approche globale

Jacques Besson

DOI: https://doi.emh.ch/10.4414/sanp.2017.00526
Publication Date: 20.09.2017
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2017;168(06):161

Le présent numéro des Archives confirme que la psychiatrie contemporaine doit être à large spectre. De la biologie moléculaire aux approches philosophiques, elle traverse des cliniques de la complexité bio-psycho-sociale.

L’éditorial de Jürg Kesselring reprend un article de 1921 de F. Kaufmann consacré au fascinant personnage qu’est Francis Xavier Dercum. Celui-ci, après avoir donné son nom à une maladie rare, a montré qu’on pouvait s’intéresser à la clinique neurologique pour ­devenir président de la Société américaine de philosophie.

Dans leur article en-tête, Lorena Leuchtmann et Guy Bodenmann attirent notre attention sur les aspects systémiques des rapports entre les maladies physiques et les troubles mentaux. Ils vont nous faire découvrir le concept de «we-disease» avec la clinique du couple comme exemple systémique de partenariat thérapeutique.

Dans un article de revue, Martin Ludwig Rein et Martin Ekkerhard Keck abordent la question des rapports entre stress et maladie. A propos de dépression majeure, ils montrent que malgré une claire héritabilité, on ne peut pas isoler de gène individuel. Cependant, ils rapportent qu’un environnement négatif comme un stress, agit en tant que facteur de risque. Celui-ci est lié à un mécanisme moléculaire épigénétique dans les ­interactions gène-environnement.

Entre psychiatrie et philosophie, Paul Hoff aborde la question de l’autonomie, un mot-clé en éthique médicale qui est appliqué sans exception en psychiatrie tant en clinique qu’en recherche. Pourtant, ce concept n’est pas évident et de sérieux débats seront encore nécessaire en fonction de l’histoire conceptuelle de la psychiatrie et de l’évolution de l’éthique médicale. Une ­approche personnalisée est indispensable au sens le plus large.

Dans issues, le Professeur Stefan Borgwardt répond aux questions de Karl Studer. Leur dialogue montre sans ambigüité que les centres d’intervention de crise n’ont rien perdu de leur pertinence comme alternative à l’hospitalisation en psychiatrie.

La rubrique film analysis vous fera découvrir la schizophrénie dans un film coréen de 2006, onirique et critique.

Enfin, notre case report vous confrontera à une intéressante énigme dopaminergique.

Je vous souhaite une lecture enrichissante.

Jacques Besson