Film analysis

Cette comédie dramatique américaine montre la perception de l’autisme dans les années 80

Le trouble du spectre de l’autisme dans le film Rain Man

Vanessa Steger, Anaelle Stoppini, Louise Penzenstadler, Stéphane Rothen, Gerard Calzada

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2017.00530
Publication Date: 31.10.2017
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2017;168(07):215

Le plus grand succès de Barry Levinson est un film précurseur sur le thème de l’autisme. Cependant, il met plutôt en avant une image stéréotypée de ce trouble.

Rain Man (1988)

Screenplay by Barry Morrow, Ronald Bass. Directed by Barry Levinson.

Raymond, le personnage principal souffrant d’autisme, possède des capacités intellectuelles élevées, mais très spécifiques et semble totalement dépendant. Pourtant, cela ne représente qu’une minorité des personnes ­atteintes du trouble du spectre de l’autisme. Cette ­description est donc réductrice et non représentative du trouble de manière générale.

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On retrouve cependant très clairement certains critères diagnostiques du DSM-5, avec un déficit marqué de la communication et du maintien des relations. Le trouble reste donc décrit avec un certain réalisme. Il illustre également des moments de crises, de façon certes imparfaite. Raymond est un autiste atypique puisqu’il possède de larges capacités intellectuelles, cependant tournées en ridicule dans le film. Il passe pour une sorte de «génie mal adapté à la société». Malgré cela, Raymond est un personnage touchant qui amène le public à ressentir de la compassion pour lui lorsqu’il se retrouve confronté à ses limitations sociales.

Certains passages du film donnent une image négative et stigmatisante de la psychiatrie, tel que l’institut psychiatrique asilaire de l’époque. On n’y voit que des cas très sévères et dépourvus d’autonomie. De plus, c’est un lieu où les patients stagnent, rien n’est mis en œuvre pour leur permettre d’aller de l’avant.

Ainsi, ce film sensibilise le public à ce trouble et aux difficultés rencontrées par l’entourage. Il verse par moment dans les stéréotypes, mais cela est sans doute beaucoup dû à la période à laquelle le film a été tourné. En effet, ce trouble était encore méconnu du large ­public à ce moment-là et beaucoup d’aprioris y étaient associés. D’une certaine manière, le film permet de se rendre compte de la perception qu’avaient les gens de ce trouble dans les années 80.

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande ­annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»: www.sanp.ch/online-only-
content/.

Vanessa Steger, Anaelle Stoppini, Louise Penzenstadler, Stéphane Rothen, Gerard Calzada

Faculté de médicine, Université Genève, Suisse

L’affiche du cinéma de John Alvin.

Correspondance:
Dr. med. Gérard Calzada
HUG – Hôpitaux Universitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch