Film analysis

Une comédie dramatique qui mérite d’être vue par des personnes intéressées à la psychiatrie

Le trouble délirant dans le film Lars and the real girl

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2018.00603
Publication Date: 31.10.2018
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2018;169(07):222

Camille Litzler, Vanessa Parisi, Stéphane Rothen, Ariella Machado, Daniele Zullino, Gerard Calzada

Faculté de médecine, Université de Genève, Suisse

Ce film ne réduit pas la personne malade à son trouble mental et montre comment la créativité dans les soins et le soutien ­social jouent un rôle fondamental pour ­surpasser les obstacles inhérents à la maladie.

Lars and the real girl est une comédie dramatique ­américaine réalisée en 2007 par Craig Gillespie. Le film met en scène Lars Lindstrom, un homme d’une trentaine d’années, solitaire, timide, craintif, mais pas ­méchant, qui commence une relation avec Bianca, une poupée gonflable de taille humaine. La médecin du ­village, la doctoresse Dagmar, demande à Lars d’aller en consultation toutes les semaines, car Bianca a besoin de recevoir un traitement. La doctoresse demande à sa famille de ne pas contrarier son délire et de jouer le jeu. Le ­village entier finit par adopter Bianca et ­l’intégrer dans plusieurs activités. Lars continue à voir chaque semaine la doctoresse Dagmar et il se confie de plus en plus à elle. Malgré ce traitement, l’état de santé de Bianca s’aggrave et Lars la trouve de plus en plus ­malade. La doctoresse y voit tout de même un signe de guérison de Lars.

Lars and the real girl (2007)

Written by Nancy Oliver. Directed by Craig Gillespie.

Lars and the real girl est un film qui mérite d’être vue par des personnes intéressées à la psychiatrie pour plusieurs raisons.

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D’abord, l’histoire est construite autour des manifes­tations et de la possible résolution d’un délire. Malgré une utilisation de ce délire à des fins cinématographiques, la sémiologie représentée se rapproche assez bien à celle exigée par le DSM-5 pour le diagnostic de trouble délirant.

De plus, Lars and the real girl complète le tableau ­clinique avec des aspects humains «non cliniques» du personnage permettant ainsi une identification facile par le spectateur, et évitant par ceci de contribuer à la stigmatisation. En effet, un des mérites de ce ­long-­métrage est certainement la mise en scène des tensions et des contrastes que l’apparition du fait ­psychiatrique peut susciter dans l’environnement ­social d’une personne avec trouble psychotique. Le film donne une image plutôt positive de la personne malade, car il ne réduit pas la personne à son trouble mental et montre comment la créativité dans les soins et le soutien ­social jouent un rôle fondamental pour surpasser les obstacles inhérents à la maladie. Un ­accent particulier est mis sur l’effet de déstigmati­sation à travers la mise en contact entre le stigmatisé et le stigmatisant.

Enfin, le film donne une image moins effrayante du système de soins, retracé dans d’autres films traitant de troubles psychiatriques. En effet, il met en avant les qualités empathiques et inventives du médecin qui agit au mieux pour aider son patient et le rôle primordial joué par la communauté. Il souligne l’idée que le rétablissement n’est pas une affaire individuelle, mais bien une affaire sociétale.

Vous trouverez une analyse approfondie du film et la bande ­annonce sur le site internet des «Swiss Archives of Neurology, Psychiatry and Psychotherapy»: www.sanp.ch/online-only­content

Credits

Capture d’écran de la bande-annonce officielle du film.

Correspondence

Correspondance:
Dr med. Gerard Calzada
HUG – Hôpitaux Universitaires de Genève
Rue Grand Pré 70C
CH-1202 Genève
Gerard.Calzada[at]hcuge.ch

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