Editorial

Changements, décloisonnements, innovations

Trouver des nouvelles réponses thérapeutiques

DOI: https://doi.org/10.4414/sanp.2018.00625
Publication Date: 31.10.2018
Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2018;169(07):197

Dora Knauer

Dans notre société actuelle, les changements de références et de paradigmes culturels, le décloisonnement et l’innovation sont les termes qui pourraient ­réunir les diverses interrogations qui nous enjoignent à réfléchir sur de nouvelles réponses thérapeutiques de mieux en mieux adaptées aux besoins de chacun.

En premier, l’article présenté par Olivier Schmidt et Charles Bonsack de l’Université de Lausanne fait partie d’une série sur la psychiatrie sociale commencée à l’édition dernière (avec la contribution «Supported ­Employment und die Schweiz» de Hoffmann et Richter). «Housing first, un changement de réfé­rentiel dans la lutte contre l’exclusion du logement» nous décrit un nouveau modèle d’approche, qui s’oppose au «Treatment first», modèle d’insertion au logement par ­paliers, encore pratiqué en Suisse. Le «Housing first» démontre le rôle essentiel joué par le logement pour les personnes souffrant de troubles mentaux, bouscule l’idée du mérite et offre, au-delà de l’accès au seul logement, un accès à un réseau social qui paraît essentiel au rétablissement des personnes en souffrance. Pour en faire l’expérience dans notre pays, de nouveaux ­enjeux de politique publique ­sociale sont à considérer et seraient les bienvenus, vu les résultats positifs ­recueillis dans les divers pays qui ont déjà mis en place ce système.

Par ailleurs, l’observation des faits sociaux nous démontre que nous ne pouvons plus nous fier à nos apriori culturels qui ont jusqu’ici conforté certaines vérités communément partagées et allant de soi. C’est Peter Passett, qui nous le démontre dans son article «Was heisst schon ‹Frau› bzw. ‹Mann›». Il présente ­comment aujourd’hui les caractéristiques sexuelles ne correspondent plus seulement aux critères biologiques du masculin et du féminin, mais sont bien plus reliés à des signes extérieurs de comportement et à ce qui se nomme le «Genre», ouvrant à l’existence du «Transgenre», de la liberté de l’expression de la ­bisexualité psychique et du libre choix de son appar­tenance sexuelle.

Un nouvel article s’inscrit sur l’interface entre la ­neurologie et la psychiatrie et pose la question suivante: le déficit cognitif apparaissant après une première crise convulsive ou la présence de symptômes dépressifs une semaine avant l’événement sont-ils une prédiction pour la survenue d’une deuxième crise dans l’espace de trois ans? Question difficile à laquelle ont tenté de répondre Johannes Rösche, Nicole Rühle, Inge Pohley et Christina Kampf à travers une recherche Germano-Suisse, qui saura retenir tout votre intérêt dans leur article «Cognitive deficits and recurrence of seizures».

Dans ce numéro nous sont présentés également, un Case report écrit par Daniele Zullino et Beat Nick. ­L’interview de Ulrike Borst par Karl Studer «Netzwerke in der Psychiatrie» souligne l’importance des réseaux en psychiatrie et leur fonction, celle d’offrir un mode de communication et de compréhension associé à toute la curiosité nécessaire à suivre la trajectoire de vie et la vision du monde des patients, dans une ­attitude systémique de son rôle d’encadrement. Enfin, à ne pas manquer, le trouble délirant dans le film «Lars and the real gril», commenté par Camille Litzler, Vanessa Parisi, Stéphane Rothen, Arielle Machado, ­Daniele Zullino et Gerard Calzada qui, de manière très humaine, met en scène l’acceptation du vécu ­délirant du patient Lars, comme si cela était vrai, ­offrant une déstigmatisation de son trouble, qui ­devient dès lors, non plus une affaire individuelle, mais bien une affaire sociale. Ainsi, dans ce numéro de notre revue, les changements de références culturelles, décloisonnements et innovations sont bien au rendez-vous!

L’interface entre la neurologie et la psychiatrie a toujours eu une importance particulière dans les SANP. Ceci est spécifiquement pris en compte dans la rédaction, où Proff. Conus et Vuilleumier agissent en tant que «Delegated editors Neuroscience».

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