access_time published 23.05.2018

Les troubles bipolaires dans le film Touched with fire

Jules Chavier
Patricia Ferreira Monteiro
Milan Vuksanovic
Rita Manghi
Daniele Zullino
Gerard Calzada

Les troubles bipolaires dans le film Touched with fire

23.05.2018

Carla et Marco se rencontrent le jour de leur internement à l’hôpital psychiatrique. Deux éléments les rapprochent: un qu’ils n’ont pas choisi, le trouble bipolaire. Et un autre qui est une compétence qu’ils ont développée, la poésie.

Touched with fire (2015). Written and directed by Paul Dalio.

Trame  

C’est l’histoire de Carla (Katie Holmes) et Marco (Luke Kirby) qui est présentée dans ce film. Ou plutôt les histoires, devrait-on dire…L’histoire de leur relation, l’histoire de la relation à leur maladie psychique ainsi qu’aux personnes et aux institutions qui les soignent.

Ils souffrent tous les deux d’un trouble bipolaire. Ils se rencontrent le jour de leur internement à l’hôpital psychiatrique. Deux éléments les rapprochent : un qu’ils n’ont pas choisi, le trouble bipolaire. Et un autre qui est une compétence qu’ils ont développée, la poésie. Carla a écrit un recueil de poèmes. De son côté, Marco s’est choisi un nom de poète, « Luna ».

La relation débute dans un climat orageux, mais progressivement les deux personnages se rapprochent et se retrouvent chaque soir pour échanger. Ils tombent amoureux.

La Dresse Strinsky, médecin responsable des soins de Carla et Marco, est convaincue que leur relation affective peut avoir un impact négatif sur l’évolution de leur état de santé.

Elle prend donc la décision de les enfermer chacun dans une chambre d’isolement. Une dépression s’installe progressivement. La Dresse Strinsky propose alors que Marco quitte l’hôpital pour aller vivre chez son père et de même pour Carla chez sa mère. Leur état psychique reste fragile et ne s’améliore pas.

De retour dans leurs familles respectives, Carla et Marco réussissent à se revoir et décident d’organiser une rencontre avec leurs parents pour témoigner de leur situation.  Mais ils se heurtent à un mur :  leur relation est inacceptable. Face à l’incompréhension de leurs proches, les deux protagonistes prennent ensemble la décision d’arrêter tout traitement.

Plus tard, suite à un accident de voiture, Carla se retrouve à l’hôpital et apprend qu’elle est enceinte. Elle accepte de reprendre son traitement stabilisateur d’humeur. Parallèlement, sa relation avec Marco se dégrade, car celui-ci fait une décompensation maniaque et refuse toute médication. Carla décide alors d’avorter. Marco n’accepte pas cette décision et ils finissent par se séparer [1].

Contexte historico-culturel du film et de la psychiatrie

Touched with fire est un film du genre drame et romance réalisé en 2015 par le réalisateur Paul Dalio, lui-même atteint du trouble bipolaire. Chacun des deux personnages le représente dans une facette de sa relation à la maladie : Carla, dans la phase de sa vie caractérisée par la non - acceptation du trouble et la honte qui y est rattachée et Marco la phase de révolte face au trouble comme levier de changement afin de « mieux vivre avec » [2].  

Le film est inspiré du roman Touched with fire de Kay Redfield Jamison, publié en 1993. Écrivaine et psychologue diplômée de l’université de Californie, elle est également atteinte du trouble bipolaire [3]. Dans le film, Kay Redfield Jamison elle-même intervient dans un des personnages avec le récit de son expérience. Carla et Marco ont lu son roman et décident de la rencontrer afin de lui poser des questions concernant le traitement stabilisateur d’humeur.

Ainsi, des éléments de réalité et de fiction se croisent et se nourrissent mutuellement en rendant la description du trouble particulièrement vivante et poignante.

La psychopathologie

Lors des diverses scènes du film se retrouvent presque tous les critères du trouble bipolaire comme spécifiés dans les manuels diagnostiques courants.

Ainsi, lorsque les protagonistes sont enfermés à l’hôpital contre leur gré et qu’ils se retrouvent toutes les nuits, ils partagent une croyance à caractère potentiellement délirant (celle de vouloir partir sur une autre planète). Ce partage de croyance renforcera leur rapport amoureux, mais donnera aussi au médecin un motif pour les séparer de force en les plaçant en chambre de sécurité. Ces éléments de croyance fantasque ne suffiraient pas à eux seuls pour poser le diagnostic de trouble bipolaire. En effet, l’état amoureux se caractérise souvent par la création de rêveries communes qui contribuent au sentiment de fusion du couple. Mais dans ce cas, ces croyances sont accompagnées par une excitation, une logorrhée, une agitation psychomotrice, qui signent l’épisode maniaque. À ces symptômes s’ajoute l’hyposomnie de Carla et Marco, qui se réveillent tous les jours à trois heures du matin pour travailler sur leur projet de voyage avec acharnement.

 Le constat de répétition de ces épisodes dans la vie d’une personne permet de poser le diagnostic de troubles bipolaires de type 1 [4]. 

Suite à leur séparation forcée, agie et vécue avec violence, ils développent un état dépressif [5]. Même si le film n’insiste pas sur ces scènes, les caractéristiques principales de l’épisode dépressif s’observent facilement : Carla et Marco sont tous les jours tristes, sans motivation et sans énergie, insomniaques et incapables de travailler comme avant. Là où auparavant l’insomnie marquait la production désordonnée d’un projet délirant, elle s’inscrit désormais dans le vide dépressif. La phase dépressive atteint son apogée lorsqu’ils tentent tous deux de se suicider, sans succès. De plus, l’image du film qui devient plus terne pendant ces scènes et l’interposition d’images de fumée entre ces dernières symbolisent de façon remarquable l’humeur maussade des protagonistes, rendant leur vécu pénible particulièrement touchant pour le spectateur.

Il est intéressant de relever la mise en évidence de plusieurs aspects concernant l’évolution du trouble bipolaire présents dans le film. Au début, Carla, à la recherche de la cause de son trouble, rencontre en consultation une psychiatre, la Dresse Strinsky. Le médecin lui explique que son trouble a débuté durant son adolescence, période où elle écrivait ses meilleurs poèmes et débordait d’énergie. Ainsi, le spectateur apprend que le trouble bipolaire peut apparaître à l’adolescence sans que les symptômes ne soient inquiétants. En effet, les troubles bipolaires peuvent se déclarer dès l’enfance comme en attestent de nombreux travaux, par exemple ceux de Wagner [6]. Le récit qui se déroule en quatre parties correspondantes aux quatre saisons de l’année se veut une sorte de métaphore de l’alternance des états maniaques et dépressifs. Le printemps et l’été sont associés à l’épisode maniaque tandis que l’automne et l’hiver coïncident avec l’épisode dépressif.

Le film interroge également sur le rôle des substances (cannabis, alcool, médicaments) dans l’évolution du trouble bipolaire. Le début du film suggère ainsi que le cannabis puisse avoir un effet déclencheur d’épisodes maniaques. Marco fume ainsi même sciemment pour stimuler des phénomènes maniformes qui le rendraient créatif selon lui [7]. L’alcool quant à lui semble plutôt être mis en avant durant les phases dépressives de Carla, qui en boit pour rechercher la détente temporaire, mais à long terme ne fait que renforcer sa phase dépressive, comme en témoigne par la suite sa tentative de suicide [8]. Le film tente aussi de montrer les effets bénéfiques, mais aussi les inconvénients des médicaments stabilisateurs d’humeur, particulièrement le lithium [5]. La prise de ces traitements réduit la symptomatologie, et en même temps réduit la créativité et limite leurs émotions. Cette vision à double impact du traitement est un parti pris du réalisateur qui prône la créativité obtenue en phase maniaque, surtout au travers du personnage de Marco, avec ses conséquences inévitables : la perte de la raison. En effet, le projet de Marco et Carla d’avoir un enfant tombe à l’eau quand ce dernier révèle qu’il veut élever son enfant sans être traité.

C’est ainsi un film qui illustre de façon convaincante symptômes et vécu de personnes présentant un trouble bipolaire, et soulève en même temps la question sensible de la limite entre vitalité, créativité, passion et manie.

Les représentations sociales

La maladie et les patients psychiatriques

Inscrivant l’histoire dans un milieu artistique, le film permet de soulever la question des liens entre maladie et créativité, en représentant les deux protagonistes Carla et Marco comme des artistes en proie au doute et à l’inspiration et en même temps comme des personnes souffrantes. On retrouve ainsi la thématique du génie artistique inaccessible au commun des mortels, mise en exergue par l’utilisation récurrente durant le film d’exemples de romanciers et de peintres bipolaires tels que Van Gogh [9]. Les deux personnages principaux puisent ainsi dans leur trouble leur inspiration et leur génie [10]. D’autre part, le film donne une représentation saisissante des difficultés rencontrées durant les phases dépressives du trouble bipolaire des protagonistes, incluant la sensation d’être privé du « génie créatif » expérimenté durant la phase maniaque. Ainsi, le film nous donne une représentation tout autant enivrante que douloureuse de ce trouble.

Un aspect toutefois légèrement stigmatisant pourrait être vu dans les scènes d’hospitalisation psychiatrique et de retour subséquent au domicile familial, scènes qui donnent un portrait du patient avec trouble bipolaire généralement incapable d’autogestion et dangereux pour lui-même, ne pouvant ainsi être qu’enfermé contre son gré ou remis à la tutelle de ses parents. De plus, le rôle majeur donné à la médication comme approche thérapeutique nous prive d’une représentation plus complexe d’un patient considéré comme partie prenante et coresponsable dans la gestion de son trouble. Une grande partie du film est ainsi consacré aux bénéfices et risques de l’utilisation des stabilisateurs de l’humeur. L’auteure du livre Touched with fire Key Redfield Jamison jouant dans le film son propre rôle, met en avant le fait que le traitement est primordial pour pouvoir trouver un équilibre et réussir à mener une vie normale. À ce propos elle écrit : « Aucun amour ne peut guérir la folie ou apaiser les humeurs sombres. L'amour peut aider, il peut rendre la souffrance plus tolérable, mais, toujours, on est soumis aux traitements médicamenteux qui fonctionnent et qu’on tolère plus ou moins bien » [11].

Les psychiatres-soignants

Le psychiatre est représenté à travers la Dresse Strinsky, personnage trouble, manipulateur, qui profite de l’ingénuité de ses patients. Par exemple, la Dresse Strinsky, qui suit Carla depuis les premières manifestations de sa maladie durant son adolescence piège la jeune femme en lui faisant signer un bon d’internement volontaire sans que cette dernière en soit consciente. Dans une autre scène, la psychiatre sépare le couple, apparemment pour éviter qu’ils ne s’entraînent réciproquement dans leur phase maniaque. La scène de séparation du couple, une des plus dramatiques du film, débouche finalement sur une double tentative de suicide. Cette image du médecin psychiatre dépourvu d’empathie envers ses patients est cependant contrebalancée par celle d’un autre médecin, le Dr Lyon, médecin à l’écoute de son patient et exerçant un style plus collaboratif.

Le système psychiatrique

Le système psychiatrique est présenté dans ce film comme punitif et infantilisant. Les patients sont sédatés et s’occupent en faisant des coloriages. L’internement psychiatrique s’apparente plus à une peine qu’à un traitement. L’enfermement en institut reste très stigmatisant pour un individu atteint de troubles psychiatriques. De plus, les mesures d’isolement donnent l’image d’une psychiatrie impuissante qui tente de contenir plutôt que soigner.

Lien avec d’autres films et médias

Le film Touched with fire est un hommage aux artistes atteints du trouble bipolaire. En effet, le film est parsemé de références à des artistes célèbres tels que le peintre Vincent Van Gogh ou le compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovsky : d’une part, plusieurs œuvres célèbres du peintre sont montrées dans le film et d’autre part, le titre Casse-noisette de Tchaïkovsky a été intégré dans la bande originale du film. Une partie de la musique du film a également été composée par le réalisateur Paul Dalio, également musicien [12]. L’affiche originale du film fait d’ailleurs référence à la célèbre Nuit étoilée de Van Gogh, en reprenant le même style de peinture [13,14]. Au début du générique de la fin du film, une liste des prénoms de plusieurs artistes bipolaires se déroule, ce qui montre définitivement que Touched with fire est un hommage à ces artistes. La suite du générique est suivie par une chanson de rap aussi interprétée par Paul Dalio, qui a été rappeur sous le pseudonyme de “Luna”, pseudonyme qu’il a donné au personnage de Marco, rappeur et poète dans le film [15]. Paul Dalio effectue de plus une apparition éclair dans son propre film dans le rôle d’un patient atteint de trouble bipolaire faisant la queue pour recevoir son traitement dans les scènes de l’hôpital.

Dans la culture populaire, les films mettant en scène des personnages bipolaires sont nombreux, de même que les acteurs souffrant de ce trouble. Par exemple, Jim Carrey est cité dans la chanson de rap interprétée par Marco sous le pseudonyme de “Luna” au début du film. Pour ce qui est du cinéma le film Silver Lining Playbook traite lui aussi du trouble bipolaire, mais avec plus de légèreté que Touched with fire. Le monde de la musique est aussi concerné, par exemple avec Kurt Cobain, chanteur et guitariste du groupe à succès Nirvana, au début des années 90. Il s’est suicidé en 1994, certainement au cours d’un épisode dépressif si on considère qu’il est atteint de trouble bipolaire [16]. On peut interpréter l’alternance à travers ses différentes chansons, tantôt douces et tristes comme Something in the way (accompagné à la guitare acoustique), tantôt agressives avec un rythme rapide tel que le célèbre tube Smells like teen spirit (accompagné à la guitare électrique), comme l’illustration des phases dépressives et maniaques qu’il vit. On peut aussi penser que la chanson Lithium, homonyme du stabilisateur de l’humeur utilisé en cas de trouble bipolaire, illustre le ressenti qu’a le chanteur de son trouble dans les paroles et la mélodie (alternance entre couplets calmes et refrain agressif). Enfin dans le monde littéraire on retrouve de nombreux exemples à l’image de Ernest Hemingway qui souffrait lui aussi de trouble bipolaire et qui s’est donné la mort à l’âge de 61 ans. La maladie d’Hemingway a fortement pesé sur sa famille comme en témoigne d’ailleurs un documentaire de CNN [17].

Conclusion

Malgré une intrigue relativement classique, ce film mérite d’être visionné pour ses qualités cinématographiques. On retrouve un effort particulier sur la réalisation qui s’accorde parfaitement avec le thème du film. Il saura satisfaire toute personne désireuse d’en apprendre plus sur les troubles bipolaires : patients, proches, professionnels et même le grand public pour son thème universel.

Cette œuvre constitue un bon support d’apprentissage pour les étudiants, principalement pour la psychopathologie qui est représentée sous tous ses aspects. De plus, Touched with Fire présente une opportunité pour le grand public de se familiariser avec le trouble bipolaire grâce à son accessibilité et à sa vision réaliste du trouble psychiatrique. Dans ce film les deux personnages, Carla et Marco nous offrent deux visions différentes d’une même pathologie ce qui nous permet d’appréhender la complexité du trouble bipolaire.

Enfin, ce film permet, pour les familles de personnes atteintes de cette pathologie, de voir le trouble de leurs proches démystifié, voire même reconnu.

Toutefois il présente, comme souvent au cinéma, un mauvais support pour l’approche du système de soins, présenté globalement de façon caricaturale, toute puissante ou son corollaire, impuissante, et inhumaine.

Nous avons trouvé le film agréable et émouvant. Avec un thème malgré tout classique, le scénario reste intéressant, car il met en scène une passion amoureuse hors du commun. Le film s’affranchit par contre des stéréotypes du genre pour proposer un dénouement réaliste dans le contexte d’une psychopathologie qui reste sévère.

Références

  1. Touched with fire. Synopsis [Internet]. S.d. [consulté le 27 mars 2017]. Disponible: touchedwithfire.com.
  2. Allocine. Touched with fire [Internet].. S.d. [consulté le 25 mars 2017]. Disponible: www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=235836.html.
  3. John Hopkins medicine. Tamper-Proof Humanity [Internet]. S.d. [consulté le 25 mars 2017]. Disponibles: www.hopkinsmedicine.org/psychiatry/specialty_areas/moods/expert_team/jamison.html.
  4. American Psychiatric Association. DSM-5: diagnostic and statistical manual of mental disorders. Washington D.C.: American Psychiatric Association; 2013.
  5. Kaplan H, Sandock B, Ivanov-Mazzucconi S. Manuel de poche clinique de psychiatrie clinique. S.l.: Editions Pradel; 2005.
  6. Wagner KD. Diagnosis and treatment of bipolar disorder in children and adolescents. J Clin Psychiatry . 2004; 65(15): 30-34.
  7. Kazour F, Rouhayem J, Chammay R, Haddad R, Haddad G, Laqueille X, et al. Cannabis et trouble bipolaire : recherche d’une association à partir d’une revue de la littérature. Annales Médico-Psychologiques [Internet]. 2010 [consulté le 15 juin 2017]; 169(5): 277-281. Disponible: www.researchgate.net/profile/Sami_Richa2/publication/251447189_Cannabis_et_trouble_bipolaire_recherche_d%27une_association_a_partir_d%27une_revue_de_la_litterature/links/55d9ed0508aec156b9ae7020.pdf.
  8. Adès A, Lejoyeux M. Quelles sont les relations entre crise suicidaire et alcool ?[Internet]. 2000 [consulté le 15 juin 2017]. Disponible: psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/Conf/confsuicide/lejoyeux.html.
  9. Jamison R. Manic-depressive illness and creativity. S.l.: Scientific American; 1995.
  10. Greendwood A. Molecular neuropsychiatry. S.l.: Basel; 2016.
  11. Jamison K. An unquiet mind: A memoir of moods and madness. S.l.: Kindle Edition; 1995.
  12. IMDb. Paul Dalio [Internet]. S.d. [consulté le 4 avril 2017]. Disponible: www.imdb.com/name/nm3297673/.
  13. IMDb. Touched with fire [Internet]. 2015 [consulté le 4 avril 2017]. Disponible: www.imdb.com/title/tt2848324/mediaviewer/rm242875622.
  14. Oeuvres d’arts. L’oeuvre la nuit étoilée [Internet]. S.d. [consulté le 4 avril 2017]. Disponible:  http://www.oeuvres-art.com/la-nuit-etoilee.html.
  15. IMDb. Paul Dalio Biography [Internet]. S.d. [consulté le 4 avril 2017]. Disponible: www.imdb.com/name/nm3297673/bio.
  16. Paste. 10 Brilliant musicians who’ve battled mental illness [Internet]. 2011 [consulté le 4 avril 2017]. Disponible: www.pastemagazine.com/blogs/lists/2011/05/brilliant-musicians-whove-battled-mental-illness.html.
  17. CNN health: Hemingway family mental illness explored in new film [Internet]. 2013 [consulté le 5 avril 2017]. Disponible: edition.cnn.com/2013/01/21/health/hemingway-film/.

Jules Chavier

Patricia Ferreira Monteiro

Milan Vuksanovic

Rita Manghi

Faculté de Médecine de l’Université de Genève

Daniele Zullino

Département de psychiatrie, Université de Genève

Gerard Calzada

Faculté de Médecine de l’Université de Genève

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